Responsabilité sociétale des entreprises et création de valeur : principes, enjeux, démarche et mise en place. Proposition d’un guide à l’usage de l’expert-comptable.

Responsabilité sociétale des entreprises et création de valeur : principes, enjeux, démarche et mise en place. Proposition d’un guide à l’usage de l’expert-comptable.

Bibliotique, Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-comptables, France. 31 Mai 2007 

À lire la presse, à entendre les experts et les chercheurs en responsabilité sociétale et développement durable, le sentiment naît que les entreprises sont les auteurs des maux qui frappent la planète terre. En effet, elles sont tenues pour responsables de différents agissements sur les plans environnemental, social et économique.

Sur le plan environnemental, leurs activités contribueraient, d’une part, à l’amincissement de la couche d’ozone avec pour conséquences notamment des changements climatiques : renforcement de la chaleur pendant les périodes estivales, radoucissement des hivers, risques cycloniques accrus. Par exemple, le cyclone Katrina qui a frappé le Sud Est des États-Unis d’Amérique en août 2005 a causé 75 milliards de dollars américains de dégâts matériels et fait 1 836 morts. Ces mêmes activités seraient, d’autre part, à l’origine de catastrophes industrielles et environnementales avec des conséquences dramatiques aussi bien en terme de vie humaine, de vie animale, de destruction d’infrastructures qu’en terme d’atteinte à l’environnement. En France, l’explosion en 2001 du complexe chimique AZF a ainsi fait une trentaine de morts et des milliers de blessés. 

 

La mer est elle aussi le théâtre de graves pollutions : 13 tonnes de déchets sont jetées à la mer à la minute par l’ensemble des navires du globe. Les grands groupes pétroliers en seraient les principaux responsables. L’Exxon Valdez, l’Érika en sont des exemples. 

Sur le plan social, on constate que la mutation de l’économie survenue dans les pays développés depuis les années 1980 a créé une véritable situation de crise sur le plan de l’emploi. Parce qu’elles licencient massivement alors qu’elles réalisent des bénéfices, les entreprises sont considérées comme responsables du chômage et de l’exclusion sociale. Régulièrement, la presse se fait l’écho de telles communications. Ainsi, en septembre 2005, le constructeur informatique américain Hewlett Packard a lancé un vaste plan social. Et ce, après avoir annoncé des bénéfices substantiels au titre du 3e trimestre 2005 : cash-flow d’exploitation de 2,2 milliards de dollars. En France, plus de 1 200 personnes seraient concernées.  

Sur le plan économique, on reproche aux entreprises de sacrifier le sociétal sur l’autel de la rentabilité à court terme. Cette quête de rentabilité à court terme se traduit souvent dans la communication des entreprises par l’impérieuse nécessité de créer de la valeur économique pour les actionnaires. Au rang des manœuvres stratégiques qu’elles utilisent, figurent le désinvestissement, les plans sociaux, la limitation des investissements en recherche et développement. 

responsabilite societale

Face à ces comportements, de nombreuses voix s’élèvent pour demander aux entreprises de faire face à leurs responsabilités sociétales. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est l’application des principes du développement durable à l’entreprise. C’est ainsi que sur les plans économique et sociétal par exemple, la dictature du cours de bourse a conduit notamment à une crise de gouvernance des entreprises : la faillite spectaculaire de colosses comme WORLDCOM, ENRON sont de tristes illustrations. De même, on observe que certains investisseurs individuels et institutionnels comme la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) se refusent de financer les entreprises qu’ils considèrent comme irresponsables sur le plan sociétal. 

La recherche de la seule performance financière d’hier est en train de céder le pas à la quête d’une performance globale. Cette dernière repose sur l’idée selon laquelle les entreprises doivent certes créer de la valeur économique pour leurs apporteurs de capitaux. Mais elles doivent conjointement rechercher la création de valeur pour le personnel, la création de valeur sociétale, la création de valeur pour le client, la création de valeur pour les fournisseurs ainsi que la création de valeur réputation. Autant d’aspects de la création de valeur jusqu’à présent négligés par les entreprises mais qui contribueraient à renchérir la valeur globale immatérielle de l’entreprise. C’est ainsi qu’en 2003, CalPERS, le plus important fonds de pension américain, a sommé GlaxoSmithKline (GSK) de baisser le prix des thérapies pour les malades du Sida en Afrique. Cette exigence de CalPERS prend en compte les intérêts à long terme des actionnaires, dont le fonds de pension fait partie, et s’inscrit dans une logique de responsabilité sociétale de GSK. Elle est fondée sur le constat que GSK fait face à des risques spécifiques quant à sa réputation et ces risques sont susceptibles de lui être dommageables. D’où la nécessité d’adopter une démarche RSE. 

En effet, la démarche RSE pourrait constituer un levier d’amélioration de la performance globale de l’entreprise. Bien utilisée, c’est un outil de gestion innovant à disposition des chefs d’entreprise. Cette innovation consiste essentiellement à apporter une réponse adaptée aux interpellations qui sont faites aux entreprises. L’expert-comptable, leur conseil privilégié, doit les aider à formuler, à mettre en place et à faire vivre une démarche RSE créatrice de valeur pour l’ensemble de leurs parties prenantes. 

Contexte d’étude

Il s’agit d’une thèse professionnelle, d’un mémoire, que Mathieu Aimlon a rédigé et soutenu en mai 2007 dans le cadre du Diplôme d’expertise comptable (français), diplôme Bac+8 dans le système éducatif européen. Le mémoire est un exercice de réflexion axé autour de la recherche du sujet, de la préparation de la notice, de l’approbation du sujet par un jury, de la rédaction du mémoire et de la soutenance.

Il porte sur toutes les questions qui intéressent la gestion, au sens large, des entreprises et autres organisations finalisées, privées, publiques ou à but non lucratif, et doit apporter un bénéfice et contribuer à l’excellence de la profession.

Le jury sélectionne les meilleurs mémoires après chaque session d’examen du Diplôme d’expertise comptable (DEC). En accord avec le ministère de l’Éducation nationale, les mémoires soutenus lors des sessions du Diplôme d’expertise comptable (DEC), que le jury a sélectionnés sont déposés à Bibliotique et sont accessibles en téléchargement sur bibliobaseonline.com

Bibliobaseonline

Bibliobaseonline est la base de données en ligne de Bibliotique, portant sur toutes les thématiques liées à la règlementation et aux missions de la profession comptable et donnant accès aux mémoires d’expertise comptable.

Le jury a ainsi sélectionné le mémoire de Mathieu Aimlon. Nous reproduisons ici la Note de synthèse de sa thèse professionnelle. Un exemplaire complet de la thèse est en vente à la Bibliotique, ici.

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